
Lors d’une audition au Sénat, Stéphane Fouassin a interpellé le gouvernement sur l’exécution budgétaire 2025. Il pointe une sous-consommation significative de crédits essentiels, dans un contexte de besoins croissants dans les territoires ultramarins.
À l’occasion d’une audition consacrée au projet de loi relatif aux résultats de la gestion et à l’approbation des comptes de l’année 2025, le sénateur de La Réunion Stéphane Fouassin a exprimé ses inquiétudes sur l’utilisation des crédits destinés aux outre-mer.
« Ce mercredi 29 avril, j’ai interrogé en audition M. David Amiel, ministre de l’action et des comptes publics, sur le projet de loi relative aux résultats de la gestion et portant approbation des comptes de l’année 2025 », indique-t-il dans un communiqué, rappelant le cadre de son intervention.
Des crédits logement largement sous-utilisés
L’élu met en lumière une sous-consommation importante de la ligne budgétaire unique (LBU), pilier du financement du logement dans les outre-mer. « La LBU, qui finance le logement, a été sous-consommée à hauteur de 64,5 millions d’euros en autorisations d’engagement (représentant 24,6 % des crédits programmés) et de 57,4 millions d’euros en crédits de paiement (soit 30,8 % des crédits programmés) », détaille-t-il.
Une situation qui suscite des interrogations, notamment au regard des besoins persistants en matière d’habitat. « Une telle baisse interroge, d’autant plus dans le contexte actuel où l’Union sociale de l’habitat en outre-mer a alerté d’une baisse très significative des notifications de LBU faites aux préfets pour l’année 2026 », souligne Stéphane Fouassin.
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Les dépenses d’investissements également en retrait
Le sénateur pointe également la situation du fonds exceptionnel d’investissement (FEI), lui aussi marqué par une exécution en retrait. « Le fonds exceptionnel d’investissement (FEI) a été sous-consommé à hauteur de 45,9 millions d’euros en autorisations d’engagement (représentant 45 % des crédits programmés) et de 29,5 millions d’euros en crédits de paiement (soit 47 % des crédits programmés) », précise-t-il.
Selon lui, cette situation s’explique en partie par des redéploiements budgétaires. « Selon la Cour des comptes, il y a eu des redéploiements depuis les crédits dédiés à la LBU et au FEI, ainsi qu’au fonds de reconstruction de la Nouvelle-Calédonie, pour financer les dépenses imprévues en 2025 à Mayotte et à la Réunion », rapporte-t-il.
Pour Stéphane Fouassin, ces arbitrages posent question. « Un tel redéploiement interroge, car financer la réponse aux crises en diminuant le soutien au logement et aux dépenses d’investissements des collectivités territoriales n’est pas acceptable », affirme-t-il.
Le sénateur insiste sur les enjeux structurels auxquels font face les territoires ultramarins. « Au vu des besoins structurellement élevés en infrastructures des territoires ultramarins », conclut-il, il appelle ainsi à une révision des priorités budgétaires.
Source : Zinfos974

